SOEURS DE LA CHARITE DE JESUS ET DE MARIE

Biographie de P.J. Triest

P.J. Triest naquit à Bruxelles le 31 août 1760, 9e enfant d’une famille aisée.A cause de l’ingérence excessive de la régence autrichienne dans les affaires religieuses, il dut changer plusieurs fois d’école. A partir de ses 16 ans, il fréquenta l’école latine à Geel. Il logeait chez l’habitant et fut profondément touché en constatant l’apport des familles aux soins des malades mentaux. En 1780, il s’en va à l’Université catholique deLouvain. Deux ans plus tard, il décide de devenir prêtre et reçut la formation au séminaire de Malines où il fut ordonné prêtre en 1786.

Comme jeune prêtre, il fut de service à Blaasveld, N.D. s/la Dyle, Asse et Hanswijk jusqu’à ce qu’il soit nommé curé de la paroisse St. Pierre à Renaix, en 1797. A cette époque, les prêtres étaient obligés de promettre fidélité et obéissance aux lois de la République française. Ceux qui refusaient devaient disparaître. Le curé Triest fut un de ceux-là et, pendant 5 ans, il exerça la prêtrise clandestinement. Ce furent des années d’approfondissement spirituel. Cependant son attrait pour les réalités sociales restait clairement vivant comme en témoigne la mise en route d’un atelier pour orphelins, à Renaix, pendant cette période.

Le 15 mai 1802, Triest put, pour la première fois, se manifester. Par nature enclin à pardonner, il exhorta ses paroissiens à pardonner de tout cœur à leurs ennemis. Un conflit avec le bourgmestre Fostier, un anticlérical, l’envoya en 1803 à Lovendegem où il fut confronté à une criante pauvreté. C’est pour répondre à cette détresse qu’il fonda, le 4 novembre 1803, sa première communauté religieuse : Les Sœurs de la Charité de Jésus et de Marie.

En 1805, le curé Triest, animé par l’esprit évangélique et touché par les problèmes sociaux, fut appelé à Gent avec ses Sœurs pour s’occuper des malades mentaux incurables. Il y fut nommé membre de la Commission des Maisons-Dieu avec la mission d’aider à organiser la prise en charge de l’assistance aux malades. Ce furent 13 années d’activité intense, animées par un seul but : par la force de l’amour de Dieu, prendre en charge, soigner et réconforter, les pauvres, les malades et les souffrants. Et pour mieux s’occuper des vieillards à la Biloque, il fonda, le 28 décembe 1807 une seconde Congrégation : les Frères hospitaliers de St. Vincent, appelés plus tard Frères de la Charité.

Triest était un bon organisateur, un homme pratique qui savait obtenir l’appui des autorités civiles et religieuses. Il avait atteint une maturité spirituelle qui le mit à même de rédiger les directives spirituelles bien pensées pour les Sœurs et pour les Frères. Sa vie durant Triest fit preuve d’une approche sans cesse renouvelée et d’une ouverture à une vision d’avenir.

Pour rencontrer les besoins des pauvres à domicile, il fonda, en 1823, la Congrégation des Frères de St. Jean de Dieu qui rejoignit , en 1946, les Frères Jéronymites. Dans l’entretemps, les Sœurs et les Frères de la Charité s’occupaient des personnes âgées et des incurables dans des hospices, des hôpitaux et des instituts psychiatriques. Ils accueillaient des orphelins, ouvraient des écoles pour les enfants des gens nécessiteux, des pensionnats pour les enfants de la bourgeoisie et se spécialisaient dans l’enseignement aux enfants sourds-muets et aveugles. Avec le Dr. Joseph Guislain, Triest fut le pionnier des soins psychiatriques en Belgique.

Le "bon Monsieur Triest" - comme chacun l’appelait à Gand – plaida auprès du Roi Guillaume I pour l’acquisition du béguinage de Gand. En 1830, celui qui était devenu dans l’entretemps chanoine honoraire, devint chanoine du chapitre de St. Bavon et, de ce fait, membre du Conseil épiscopal.

Un an avant sa mort, il fonda une 4ième Congrégation : les Sœurs de l’Enfance de jésus pour s’occuper des enfants trouvés. Il n’a pu être présent à la vêture des premières Sœurs ni pour leur remettre la Régle écrite pour elles. Le « Vincent de Paul de la Belgique » mourut le 24 juin 1836 avec, sur les lèvres, ces mots : « Donnez et il vous sera donné » (Lc.6,28)


CHAMBRE DE PÈRE TRIEST